C’est l’blaireau

S’il se bat comme un fou, c’est pour nous
Il a le punch et la classe
Quoi qu’on dise et quoi qu’il fasse
C’est vraiment super blaireau !
En ce jour de fête de la musique, cyclimse.com, dans sa rubrique spéciale cyclisme et chansons, se devait de frapper un grand coup. On peut juger que c’est chose faite, avec ce titre du célèbre Michel Delbecq.
En 1984, ce grand monsieur de la chanson à texte sort un maxi 45 tours, intitulé “C’est l’blaireau”. Ce single s’inscrit dans la lignée des chansons populaires, chansons qui passent à fond les watts dans n’importe quel repas de famille qui se respecte. Les médecins alcoologues, eux, préfèrent le terme technique de "chanson d’ivrogne", dont l’exception culturelle française nous garantit une régularité traversant les décennies. Entre Les Musclés et Patrick Sébastien, il y a donc Michel Delbecq. Ôde toute entière consacrée à Bernard Hinault, vous l’aurez compris, “C’est l’Blaireau” avait tout d’un tube éternel. Un clin d’oeil éthylique par ci (« Le champion du chrono, c’est l’blaireau / A sa gloire, levons nos verres »), une bonne dose de chauvinisme par là (« Ca fait du bien à la France / D’avoir un super blaireau »), cette chanson est un concentré d’efficacité. Les paroles, qui se suffisent à elles-mêmes, sont soutenues par une rythmique très en phase avec son époque, qui fit danser les plus récalcitrants du Macumba-Club de La Bazouges-du-désert. Mais bien plus qu’une bombe pour dance-floor, “C’est l’blaireau” préfigure, par ses effets audacieux, ce qui sera la french touch des années 90. C’est donc un morceau crucial à la jonction des deux Histoires, celles du cyclisme et de l’art musical contemporain, ici enfin réunies...
