Dis moi comment tu t’appelles, je te dirai qui tu es

Qu’ils soient des gloires du cyclisme, ou porteurs de bidons, beaucoup de nos rouleurs préférés ont été affublés au cours de leur carrière d’un surnom qui les identifie, à tel point que pour certain, on en oublie même jusqu’à leur véritable identité. Le dictionnaire nous apprend que dans l’histoire, le surnom a en réalité précédé le nom : On appelait quelqu’un en fonction du lieu où il habitait, de son métier, en rapport à son aspect physique : Grosjean, Petit, Leroux... Toute particularité « hors norme » donnait lieu à une expression qui finalement devenait le trait de reconnaissance de celui-ci. Force est de constater que le cyclisme a largement emprunté cette voie. Le dictionnaire nous dit également que « le surnom a par essence une nature déstructurante et génère des traumatismes directement lié à la caractéristique ». C’est probablement vrai, mais en attendant, il faut bien reconnaître que certains surnoms sont tellement improbables qu’ils nous bien fait marrer. Cyclimse.com a recensé quelques surnoms restés célèbres, d’autres moins, certains élogieux, d’autres carrément méprisant. (Pour plus d’infos, nous vous conseillons le site www.veloarchive.com)
1. Les (sur)noms d’oiseau, et autres bestioles
2. Caractéristiques physiques : C’est un roc !... C’est un pic !... C’est un cap !... Que dis-je, c’est un cap ?... C’est une péninsule
3. Le boulanger de Saint Méen et autres professions
4. Les héros, références de l’imaginaire populaire
5. Les surnoms ridicules : De Poupou à Jaja
1. Les (sur)noms d’oiseau, et autres bestioles :
Source première d’inspiration, les noms d’animaux, plus ou moins sauvages, connaissent une popularité qui ne s’est jamais démentie : Les oiseaux sont de loin l’espèce la plus représentée, et les aigles occupent une place de choix : Federico Bahamontès était l’aigle de Tolède, Thierry Claveyrolat celui de Vizille et Bjarne Riis celui de Herning. Après, au rayon oiseau, c’est tout de suite moins classe : certes Coppi était surnommé le « campionissimo », mais on retrouve aussi des traces de « Héron » parmi ses surnoms, en rapport à son physique apparemment. Un physique de Héron, pas sur que ce soit un compliment. Et que dire de Paolo Bettini, surnommé « le criquet »... Chez les animaux à 4 pattes, c’est le lion qui s’en tire le mieux : Etonnament, beaucoup viennent des Flandres, c’est le cas pour Museeuw précédé un siècle avant lui par son compatriote Cyrille Van Hauwaert. On reste à quatre pattes, mais dans un style moins noble, avec le « biquet » pour Jean Robic, le « ouistiti » pour Lucien Van Impe et le « blaireau » pour Bernard Hinault, qui entre nous est presque méprisant pour un cycliste de sa trempe, mais apparemment même l’intéressé affectionnait ce sobriquet. On recense ensuite, chez des coureurs moins connus, quelques surnoms aux consonances ibériques, toujours montés sur 4 pattes : « El potro de Kortezubi » (Potro veut dire Poulain) pour l’inconnu Federico Extabe. Le plus classe restant « le verrat de Bierzo », « El Jabalí del Bierzo dans le texte » pour César García Calvo.
2. Caractéristiques physiques : C’est un roc !... C’est un pic !... C’est un cap !... Que dis-je, c’est un cap ?... C’est une péninsule
Pour de nombreux cyclistes, ce sont grâce à certaines de leurs caractéristiques physiques (malheureusement pour eux car ils n’y peuvent rien) qu’ils ont laissé une empreinte. L’avantage avec ce genre de surnoms, c’est qu’on comprend immédiatement pourquoi ils ont été attribués : D’Eddy Planckeart, dit « le petit » parce qu’il était petit, Maurice Archambaud dit « le nain » car il était encore plus petit. A l’inverse, Francois Faber se faisait appelé le « géant de Colombes » Puis on passe à Gino bartali dit « le vieux » car il était vieux, mais il ne l’a pas toujours été. Ferdi Kubler était surnommé « le nez », qu’il avait fort long apparemment. Pour certain, ce genre de surnom peut être cruel : Alex Zuelle était surnommé « le myope de Wil » en raison de sa vue défaillante et de ses chutes à répétition dans les descentes de cols les jours de pluie. Paolo Savoldelli se fait appelé « face de bébé », c’est sa maman qui doit être fière. Quant au regretté Marco Pantani, il croulait sous les surnoms, un des premiers fut « Elefantino », en raison à ses grandes oreilles. Mais nous nous rappellerons de lui comme « le pirate » (à consulter sur notre site l’excellente chanson des Wampas écrite sur Marco Pantani)
3. Le boulanger de Saint méen et autres professions
Quelque peu tombés en désuétude avec le professionnalisme, les surnoms attribués en fonction de la profession qu’exerçaient nos champions avant de devenir champion recèlent également quelques perles : Ottavio Bottecchia était surnommé « Le Maçon du Frioul », Maurice Garin « le petit ramoneur » ou encore Luis Herrera le « jardinier ». Notre préféré reste « le boulanger de Saint Méen » pour Louison bobet. N’oublions pas non plus « le professeur » pour Laurent Fignon, non pas qu’il ait exercé ce plus beau métier du monde avant de devenir ce qu’il est devenu, mais les mauvaises langues disent qu’il était le seul dans le peloton à avoir fait des études.
4. Les héros, références de l’imaginaire populaire
Une catégorie d’inclassables, pour des champions souvent de grande classe. Certains des plus grands se sont vus attribuer des surnoms qui font appel aux mythes et croyances populaires. Entre enfer et paradis, dans cette catégorie, on retrouve les rois : le « roi Miguel » pour Miguel Indurain, le « Roi lion » pour Cipollini, mais aussi Charly Gaul « l’ange des montagnes ». A l’inverse, certains surnoms nous rappellent avec force que l’homme est aussi capable du pire : L’inoubliable Djamolodine Abdujaparov fut en son temps surnommé « la terreur de Tashkent », alors que « le diable » s’imposait comme emblème de Claudio Chiappucci. On retrouve également des traces de « Nosferatu » chez Marco Pantani.
5. Les surnoms ridicules
Le cyclisme étant un sport avant tout divertissant, il était normal de terminer avec les surnoms les plus loufoques, incongrus voire complètement débiles qui existent et ont existé : Sur ce point là, le génie français s’est une nouvelle fois imposé. C’est à nous que l’on doit la mode des surnoms basés sur répétition de la même syllable, ce qui donne : « Dédé » pour André Darrigade, « Poupou » pour « Raymond Poulidor », immité plus tard par Adri van der Poel. On est également les inventeurs du « Jaja » pour Jalabert et « Dudu » pour Jacky Durand. Y a pas à dire, c’est vraiment le summum du surnom classe ! Mais on a été imité par d’autres : « Banban » pour Lucien alban, quant à Laurent Dufaux, il se faisait surnommé « Duduf », et Claude Criquelion « Cricri » d’amour. Pour la route, je vous sers un dernier « Gibus » pour Gilbert Duclos-Lasalle, et la boucle est bouclée !
