Le grimpeur colombien des années 80

Le grimpeur colombien s’appelle Luis Herrera, Fabio Para, ou Alvaro Mejia. Il apparaît sur le tour de France au début des années 80, déclenchant un engouement peu commun. S’entraînant toute l’année sur les hauts plateaux de son pays natal, le grimpeur colombien est surtout caractérisé par son physique. D’une moyenne d’un mètre cinquante pour trente-huit kilos, le grimpeur colombien est ce qu’on appelle un poids mouche. Le grimpeur colombien vient sur le tour de France pour gagner l’étape de l’Alpe d’Huez. C’est bien connu. Toute l’année, il s’entraîne dans cet unique but : être le premier en haut du dernier col. Pour cela, il doit malheureusement se farcir des étapes qui lui sont bien pénibles. En effet, ce que redoute le plus le grimpeur colombien des années 80, c’est l’étape de plaine. Habitué à un climat plus sec et une altitude plus élevée, le grimpeur peine à suivre la cadence dans des étapes du style tour de Normandie, sous la flotte et le vent. Le grimpeur colombien redoute encore plus l’étape contre-la-montre. A cette occasion, il perd environ 20 minutes sur le leader. C’est dommage, car vu ses performances dès que le terrain s’élève, le grimpeur colombien des années 80 pourrait gagner le tour.
Après la deuxième semaine, le grimpeur colombien est donc à la 120ème place. En plus, il a une bronchite. Heureusement, c’est la montagne. Le grimpeur colombien est donc content. Dès le kilomètre zéro, il se met en danseuse. Il se place aux avant-postes, attendant d’abord que le gros des troupes décroche, pour qu’il ne reste plus que les favoris. Le groupe maillot jaune est donc composé des cinq favoris, et des trois grimpeurs colombiens des années 80. C’est alors le moment que choisit le challenger (généralement Laurent Fignon) pour porter son attaque. Le maillot jaune n’arrive pas à suivre. Seul le grimpeur colombien s’accroche. Il fait donc un bout de chemin dans la roue du challenger. A dix kilomètres de l’arrivée, le grimpeur colombien n’en peut plus de se mettre en danseuse, et de faire du sur place. C’est l’attaque. Il décramponne facilement son compagnon d’échappée, et commence à sprinter dans la portion à 12%. Jean-rené Godart dit alors « qu’il l’a littéralement laissé sur place ». Le grimpeur colombien va tellement vite dans la montée qu’il est obligé de freiner dans les virages. Au final, il gagne l’étape avec 6 minutes d’avance sur le deuxième, remonte à la huitième place et revêt le maillot à poids.
Toutes mes excuses à "el jardinerato" et à tous les "escarabajos" qui m’ont tant fait rêver... Je ne l’emporterais pas au paradis, même si c’est un contre-la-montre.
