Avoir une bonne giclette

Cela ne saute pas forcément aux yeux, mais le jargon cycliste foisonne d’expressions parfois douteuses, au second sens franchement ambigu pour des esprits un peu tordus. De là à affirmer que les cyclistes sont tous portés sur la chose, il n’y a qu’un pas que nous nous refuserons de franchir étant donné le profond respect que nous inspire ce beau sport.
Explications. S’il s’est rendu célèbre par ses prouesses en montagne et l’arrivée inoubliable à Hautacam devant Miguel Indurain un après midi brumeux de Juillet 1994, Luc Leblanc a aussi laissé entrevoir des talents cachés, au detour d’une interview désormais passée à la postérité et véritable produit d’appel des bétisiers de fin d’année. Ainsi, en une phrase, Môsieur Leblanc se vantait de « tirer gros, et d’avoir une bonne giclette ». A quoi un journaliste sportif d’une chaîne privée que nous connaissons bien répondrait avec un sourire complice « Et bien c’est Madame qui doit être contente ». Certes le sieur Leblanc parle de ses qualités de grimpeur, mais il pourrait quand même réfléchir à deux fois sur l’impact de telles déclarations sur ses congénères. Et cela ne s’arrête pas là, le cycliste devient franchement entreprenant quand il affirme avoir « sauté dans la roue » celui qui le précède. Il lui aurait même donné un « coup de pédale », douce bien sûr. Non mais des fois, y a des endroits pour faire cela. A défaut, le cycliste s’est contenté de « sucer la roue » d’un concurrent avant de se faire « avaler par le peloton ». Mais là cela devient carrément obscène et je préfère m’arrêter.
