Pendant ce temps, à Vera Cruz...

Il n’y aura peut-être bientôt plus d’oreillettes sur le Tour, mais comme souvent, certains ont déjà une longueur d’avance. Parce qu’il faudra sans doute faire interdire les Iphone en course. En tout cas c’est ce qu’on peut se dire, vu le nombre de coureurs qui utilisent Twitter. Notamment Armstrong. Parce que c’est qu’il y passe ses journées, Lance. Bon, pour l’instant, il bosse sur son image de mec cool et sympa.
Un mec qui écoute du Ryan Adams, du Iron Maiden ou du Jeff Buckley pendant le massage, il peut pas être complètement mauvais, non ? Un gars qui est pote avec Ben Stiller et qui va jouer dans la suite de Dodgeball, c’est évidemment un bon camarade super marrant du genre à dévisser les salières à la cantine... Un type qui a un petit mot pour Sébastien Joly et tous ceux qui souffrent (ou ont souffert) du cancer, il a forcément, comme Steve Savidan, un coeur gros comme ça ! Et au milieu de tout ça, il est victime de ces salopards qui font rien qu’à le réveiller à huit heures du mat pour le faire pisser dans un flacon. Mais vous trouverez rien et je vous emmerde !
Lance il twitte à mort sur tout et n’importe quoi. On attend juste qu’il poste PENDANT la course, à envoyer des messages à tout le peloton (sauf Contador) : « Ai fait mettre des laxatifs dans le bidon d’Alberto, on va voir comment il passe le Ventoux, lol ;-D », « Quand Alberto s’arrête pour pisser, tout le monde accélère ! », « Avec Yaroslav, on a organisé ce soir une fête en boîte pour Alberto avec Bob Sinclar. Bien vérifier que Cindy elle ait bien de la coke sur les lèvres quand elle embrasse Alberto »... Bref, Twitter, c’est plus puissant que l’oreillette, et comme ça tu es vraiment au coeur de la course.
D’ailleurs, avec Twitter, on s’aperçoit que certains coureurs vivent le Tour vachement différemment, et ont vaguement l’air de se faire chier en ce moment. Prenons, tout à fait au pif, Ivan Basso et Floyd Landis.
Quand on lit ce que poste le premier, on voit bien que c’est un gars sérieux. Quand y’a plus de 150 coureurs à faire les marioles sur les routes de France, eh bien Ivan Basso, lui il s’entraîne consciencieusement pour LA course phare de la saison : la Vuelta ! Ça donne : « Je me suis entraîné pendant cinq heures et c’était bien », « Bonjour tout le monde, aujourd’hui y’a entraînement et ça va être super bien », « Je regarde le Tour de France après huit heures d’entraînement. Et l’équipe a fait une super étape »... Basso nous fait également partager sa vie personnelle : « Je dîne en famille après l’entraînement. C’est trop cool ». C’est incroyable cette faculté à s’extasier devant tout et n’importe quoi. Il est tellement content de remonter sur un vélo qu’il trouve tout absolument génial. Bientôt on aura droit à « ai mangé une salade de céleri rémoulade en entrée, c’était tip top » ou « ai pris l’apéro avec les gars de chez Garmin. La Suze c’est super bon », voire « cinq heures d’entraînement sous de la pluie verglaçante. Trop bien, au moins j’ai pas eu trop chaud ». Basso, il publie tous ses bilans sanguins sur son site, question de transparence. Là, on le soupçonnerait presque de se faire des injections d’euphorie tous les matins.
Du côté de Landis, c’est simple, on a l’impression qu’il tue son ennui en se baffrant. Il nous fait partager ses fringales à répétition par de doux aphorismes, du genre « les bons petits déjeuners font les bonnes journées », « Prêt pour les lasagnes ! », « j’ai super faim » ou « food, food, food ». Un vrai estomac sur boyaux. L’entraînement, ça creuse, certes. Mais à ce point-là, on a limite l’impression que notre ami mnémonite il a trois vers solitaires dans le buffet. Ou alors, il nous fera un joli 168 kilos quand il reviendra dans le peloton en France. D’ailleurs, si on n’a pas suivi les épisodes précédents de la vie de Floyd Landis, on apprend qu’avec Ouch, il a trouvé le sponsor qu’il lui fallait puisqu’il s’agit d’un centre médical pour sportifs. Pourvu qu’il soit doté d’un bon diététicien.

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