Ivanov a fait son putsch !

Quand vous tapez Sergueï Ivanov sur Wikipedia, on vous propose trois profils. Dans l’ordre : Sergueï Borissovitch Ivanov (premier ministre Russe depuis mai 2008), Sergueï Nikolaïevitch Ivanov (chef du bureau de presse du SVR, le service de renseignement Russe) et enfin Sergueï Valerievitch Ivanov (modeste cycliste Russe jusqu’à dimanche dernier).
Si je vous dit ça ce n’est pas pour vous proposez d’en rentrer un des trois dans vos amis sur Facebook, ni pour vous dresser un portrait politique de ces braves (sic) gens. Vous l’avez compris, c’est bien pour parler une nouvelle fois de vélo ! Une semaine après un Paris-Roubaix qui ne restera pas dans la légende commençait donc la semaine des "Ardennaises", ce fameux triptyque composé de l’Amstel Gold Race, de la Flèche Wallonne et de Liège-Bastogne-Liège. En général lors du premier épisode, celui qui se déroule entre Maastricht et Vaalkenburg sur des routes ornées de banderoles à l’effigie du nom de la célèbre brasserie Amstellodamoise qui est le sponsor principal de l’épreuve, on a droit à une belle explication entre les favoris, et on retrouve ensuite les mêmes coureurs aux avant-postes toute la semaine.
Mais il faut dire que quand on regarder les top-10 des dernières années à l’heure de faire nos pronostiques, on ne voit pas beaucoup de ces gens là au départ. Celui-ci est suspendu, celui-là fait impasse sur la course, l’autre a changé de docteur, lui peine à s’adapter à son nouveau vélo et celui qui était sur le podium vient de se rétamer sur un des nombreux trottoirs présents sur le parcours. Car tout amateur qui se respecte aura noté la soixantaine de ronds points et la centaine d’ilots directionnels qui ont rythmés une course encore une fois décevante. Je m’explique. Des favoris attentistes, des coureurs locaux (Néerlandais ndlr) inspirés mais inefficaces et pour finir, un équipier modèle trentenaire, habitué des accessits qui s’impose avec une facilité impressionnante. Passé professionnel en 1996 (il a grandit au cœur des années EPO) chez "Lada" avant de courir pour "TVM", pour la "Farm Frites", pour la Fassa Bortolo, chez T-Mobile, du côté d’Astana puis enfin de signer cet été avec Katyusha ; ce Xavier Gravelaine vélocipédique comptait jusqu’à ce week-end de nombreux accessits sur les classiques et une étape du Tour de France, remporté en 2001 à Aix les Bains. Si certains se réjouiront de voir que maintenant n’importe quel outsider peut remporter une classique, si d’autres me parleront de cyclisme à visage humain (Ivanov n’est pas le bon exemple). Je me contenterais de m’attrister en voyant que les "grands champions" ne répondent plus présents aux "grands moments". Y’a t-il encore des "grands champions" dans le peloton ? C’est une autre question à laquelle on aura vite la réponse...
P.S. : merci aux organisateurs de renouveler le trophée du vainqueur car son état s’est un peu détérioré depuis la victoire de Jean Stablinski en 1966.

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