Le Jour du Seigneur

dimanche 27 juillet 2008
par Antoine
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Eddy Seigneur. Un blase qui claque. Un patronyme qui lui promettait une carrière de patron du peloton. Un bonheur de journaliste sportif en mal de jeux de mot. S’il avait gagné le Tour de France, les saltimbanques de la plume auraient titré, comme un seul homme « Le jour de Seigneur ». S’il avait été champion du monde sur piste, ç’eût été « Le Seigneur des Anneaux »...

Tout pour plaire aux virtuoses du zeugma et autres tripatouilleurs de métaphores filées.

Et un prénom de cyclard, en sus. Quelle autre carrière possible que celle de trimard du bitume et de virtuose de la musette quand vos parents vous prénomment Eddy ? Pour un peu, il nous dirait que ses parents l’ont baptisé ainsi en hommage à Eddy Merckx. Pourquoi pas d’ailleurs ? Après tout, Eddy Seigneur est né en 69, année où Eddy Merckx a remporté maillot à pois, maillot jaune et maillot vert (les trois font la paire), le seul dans l’Histoire du Tour à avoir réussi l’exploit. Sauf que le coureur à la houppette a vu le jour le lendemain de la Saint-Valentin, à Beauvais. Signe que sa naissance était prémonitoire du bel été du papa d’Axel.

Les bonnes fées s’étaient penchées sur son berceau : « Tu seras cycliste ou tu ne seras pas ». Et donc Eddy Seigneur est entré dans le cercle fermé de ces hommes qui se rasent les jambes et arborent un bronzage « tue l’amour » sur la plage.

C’est pas qu’il ait eu un palmarès monstrueux notre ami picard, pour qu’on se rappelle de lui. Encore qu’avoir les Quatre jours de Dunkerque sur mon CV, moi je m’en contenterais bien. Mais c’était y a longtemps (96). Plus quelques étapes du Tour de l’Avenir. Mais c’était y a encore plus longtemps. À l’époque, on causait Europe des Douze et on passait du tir à l’arc en Une des gazettes sportives après l’or catalan de Sébastien Flûte. Le gars Seigneur, il a été champion de France sur route, comme Pierrick Fedrigo. Oui Môôôsieur ! Le Picard, il a gagné le Grand Prix de la ville de Rennes, sans se planter, comme Gilles Canouet, sur le nombre de tours à parcourir. Et sur le tard il est devenu spécialiste du contre-la-montre.

Et il a fait toute sa carrière dans des équipes françaises. Jean Delatour, Gan, Crédit Agricole et Fdj.com of course. Mais aussi d’autres, totalement oubliées aujourd’hui. Qui va encore se vêtir dans des magasins Z ? Qui achète encore son engrais chez RAGT Semences ? Eh bien Eddy Seigneur, il a porté leurs couleurs, sans chouiner. Ne manquaient qu’Agrigel - La Creuse ou Auber 93 pour compléter le tableau. S’il faisait encore partie du peloton, Eddy Seigneur serait le porte- bidons de Christophe Moreau chez Agritubel.

Mais des coureurs avec ce genre de palmarès, y’en a des caisses dans le peloton (Anthony Geslin, Damien Nazon, Jimmy Casper...).

Si Eddy Seigneur suscite (et mérite) l’intérêt de tous, c’est pour la seule étape du Tour qu’il a remporté dans sa carrière.

C’était en 94. J’étais gamin et, en attendant la rentrée en classe de troisième, je passais de douces vacances au Portugal. On achetait L’Equipe à J+1, on voyait des photos de Bebeto bercer son gamin et Romario embrassait la Coupe du monde aux States. Le peloton français avait de la gueule. Sauf que le premier jour, il était privé de Jalabert, suite à une monstrueuse chute collective lors du sprint. Mais pour animer un peu la course, y avait aussi deux timbrés, Luc Leblanc et Virenque. Festina faisait le spectacle. Leblanc gagnait à Hautacam et Virenque à Luz. Les deux gars, tout jeunots, finissaient 4e et 5e. Devant, y avait le Roi Miguel. En deuze, c’était un Letton que tout le monde a oublié (Ugrumov). Et le troize, c’était un gamin. Marco Pantani qu’il s’appelait. Rominger, lui, avait abandonné, malade C’était pas son année. Ça a jamais été son année sur le Tour, d’ailleurs.

Avant le dernier jour, tout était bâché. On savait qu’Indurain allait gagner son quatrième Tour de suite. On était contents d’avoir un bon grimpeur français avec Richard Coeur de Lion. Et la dernière étape, ç’allait être tranquillou au départ d’Eurodisney.

Normalement, les Champs, c’est pour Abdou. Un bon sprint massif des familles, comme on en a tous les ans. C’est la tradition quoi. Éventuellement, y’a un petit jeune qui peut emmerder Svorada et çui qu’on appelait « L’Ouzbèque » (parce que c’était le seul Ouzbèque au départ du Tour), un p’tit coureur allemand nommé Zabel.

Sauf qu’un gars prénommé Eddy avait décidé d’avoir un grain de folie. Ce jour-là, le garçon se dit « Et puis merde ! Et si moi aussi aujourd’hui je tentais pas ma chance ? Y’a pas de raison pour que ce soient toujours les kamikazes du macadam qui gagnent sur les Champs ». Et il tente. Et ça marche ! Je me rappelle plus du déroulé de la course mais Eddy Seigneur franchit la ligne d’arrivée tout seul. Il bat les bras au-dessus de sa tête. Il a gagné à Paris en solitaire. Drôle d’idée. Géniale. La quatrième victoire française sur ce Tour (après Virenque, Leblanc et Jacky Durand). Le premier Français à gagner sur les Champs depuis Bernard Hinault en 82. Depuis, y a eu que Jean-Patrick Nazon, au sprint.

Je me rappelle plus du titre de L’Équipe du lundi matin, dans le doute, on rattrape quatorze étés plus tard.


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Brèves

On croit rêver

jeudi 5 juillet 2007

« Le dopage est illégal en Espagne et je ne le conseillerais ni à vous, ni à aucun sportif ». Mais qui a donc bien pu sortir cette phrase à la gloire d’un sport sain et au dessus de tout soupçon ? Christophe Basson ? Jesus Manzano, qui fut l’un des premiers à dénoncer le dopage en mettant du même coup un terme à sa carrière ? Raté, c’est le docteur Eufemiano Fuentes, au cœur de l’affaire de dopage « Puerto ». Comme quoi, le ridicule ne tue pas (encore)…On a bon dos (page) et la caravane (du Tour) passe !

 

Un de nous deux est de trop dans cette ville cowboy...

mercredi 31 mai 2006

C’est une histoire toute bête. Simoni et Basso sont devant pendant une étape du Giro. Ils font la course en tête et s’approchent de l’arrivée. Là, les versions divergent. Simoni raconte sérieusement que Basso lui aurait demandé de l’argent pour le laisser gagner l’étape. Et Basso dit que pas du tout, il lui a juste demandé de faire un petit bout de chemin ensemble. Une chose est sûre, l’un des deux ment. Ce qui nous laisse donc deux possibilités. Soit Basso est un escroc. Soit Simoni joue du pipeau.

 
Sur le Web : Simoni entendu

Abdou Punk-rock

mercredi 17 mai 2006

Abdoujaparov a inspiré un groupe de punk-rock anglais, qui a pris son nom. Une de leur chanson phare s’intitule « The Abdoujaparov Theme ». Ils ont aussi eu le bon goût de produire une compilation brillamment nommée « Djamolidine ».

 
Sur le Web : Abdou / iDou